Ah, le ballet éternel des prix du carburant ! Une danse rituelle qui semble avoir ses propres règles gravitationnelles, un peu comme un nuage noir flottant au-dessus de nos têtes, prêt à déverser son déluge sur nos porte-monnaie déjà percés. En Algérie, comme partout ailleurs, les prix du carburant prennent un malin plaisir à s’amuser au yo-yo, offrant une performance tout sauf élégante et encore moins divertissante.
L’algorithme du chaos
Personne ne sait vraiment qui tire les ficelles de cet étrange ballet. Les économistes jouent aux devins, enchaînant des analyses aussi claires qu’un brouillard d’hiver, tandis que le simple citoyen assiste témoin dépité à ce spectacle absurde. Un jour on nous dit que la hausse est due à la hausse des tensions géopolitiques, le lendemain c’est la faute à la réduction de la production par l’OPEP. La semaine suivante, surprise ! Ce sont les taxes et charges qui montent pour boucher un trou dans un budget étatique aussi troué qu’un gruyère.
Des répercussions bien niellées
Tout ce bon monde oublie cependant l’essentiel : cette danse a des conséquences lourdes sur le quotidien des Algériens. Pour le citoyen lambda, dépendant de sa voiture pour joindre les deux bouts, la hausse des prix du carburant n’est pas juste une variable statistique dans un tableau Excel couleur pastel. C’est une réalité brutale, celle d’un pouvoir d’achat réduit à peau de chagrin, d’une mobilité limitée, et d’un stress constant à chaque passage à la pompe.
Et puis, il y a les effets domino. Le transport coûte plus cher, donc tout coûte plus cher. Bim, inflation encore. On la pourrait ignorer, espérer qu’elle disparaisse d’elle-même, mais elle est toujours là, imperturbable, comme la blague que l’on nous répète chaque fois que les mauvaises nouvelles économiques vont tomber : « Vous savez, l’Algérie, c’est le pays où l’on exporte du pétrole, mais c’est nous qui nous brûlons les doigts ».
Engagement de façade
Alors que fait-on de tout ça ? On organise des réunions, des séminaires, des sommets mondiaux sur l’énergie, où l’on débat dans un langage bureaucratique inintelligible, laissant les automobilistes livrés à eux-mêmes. Tout le monde parle de transition énergétique. Mais en attendant, c’est une transition au pied du mur que les Algériens subissent, une danse forcée sur une musique qu’ils n’ont pas choisie.
Certains comptent les moutons pour dormir. Moi je compte les scandales. Je ne dors plus.
— Moh Berkane

