Quand la panafricaine est synonyme de mise en quarantaine

L’Algérie en l’an de grâce 2023, mes amis, nous accueille avec une histoire qui pourrait faire grincer des dents même les statues stoïques de Saint-Augustin. Vous êtes bien assis ? Tant mieux. Voilà qu’on annonce à grandes pompes et discours enflammés que le tram tant attendu d’Oran, censé renforcer les infrastructures de la ville, vient de tomber en panne deux jours après son lancement. Épique ? Oui. Pathétique ? Triple oui.

Les autorités locales l’avaient promis, c’était une révolution en matière de transport en commun. Enfin, une panda danserait-t-elle la salsa pour nous, habitants sardines de l’Oranie. Mais, à peine avons-nous tourné le regard vers cette innovation rutilante que le tram tombe en panne… La méga-gifle ! C’est donc cela la modernité ? Un train scotché sur des rails flambant neufs, incapable de défier une simple averse ?

Les rêves, c’est bien. Les réalisations concrètes, c’est mieux !

Il nous arrive, nous qui espérons encore, de vouloir hurler : « Mais que font-ils de nos dinars ! » Parce que, soyons honnêtes, mes chers lecteurs, il n’y a pas que le tram d’Oran à avoir l’air d’un mauvais scénario de film comique. Hahah. Mais, en vrai, c’est nous qui n’arrivons plus à rire.

Les Algériens ont vu défilé les chimères, des promesses de jours meilleurs comme des éclairs de génie avant un orage, mais finissent presque toujours par recevoir des flacons de pluie crasseuse sur leurs rêves. Vous savez, cette pluie qui rend la terre rouge comme la honte collée aux joues de nos chers élus.

Qu’avons-nous donc fait pour mériter ça ? Nous avons travaillé, prié et espéré que l’infrastructure suive l’ambition. Mais, en face, on nous dissimule les sommes colossales destinées aux améliorations. Des dettes grandioses pour une stagnation épique. Au final, c’est de notre poche que l’on paye cette mascarade. Le tram d’Oran, mes chers, est devenu bien malgré lui le cliché vivant d’une administration qui progresse à reculons.

Au pays où les révolutions germent plus vite que les solutions pérennes, certaines têtes continuent de s’amuser en regardant tomber les rails. Alors que nous, pauvres âmes en quête de solutions, nous sommes tenus sur les bas-côtés à attendre que le futur arrive avec un train qui, pour l’instant, a raté son rendez-vous. Certains comptent les moutons pour dormir. Moi je compte les scandales. Je ne dors plus.

— Moh Berkane

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