PNR : Quand l’Algérie Prend son Temps au Temps de l’Urgence Climatique

L’Algérie, ou l’art de procrastiner

Mes chers lecteurs, si l’on savait lire l’avenir dans le marc de café, notre cher pays détiendrait certainement le plus gros stock de robusta qui soit. Mais hélas, en matière de gestion des ressources, le marc ne suffit pas, il nous faut aussi une pincée de bonne volonté, une cuillère à soupe de pragmatisme, et une tonne de réalisme. Oui, aujourd’hui on parle d’environnement, ou plutôt son manque criant d’importance dans notre beau pays.

La nouveauté, ou plutôt l’absence de nouveauté reluisante, c’est le Plan National de Reboisement (PNR). Lancé il y a des années lumières, il était censé transformer nos paysages désertiques en oasis verdoyantes. Mais à part quelques plantations symboliques ici et là, c’est l’encéphalogramme plat. En période où la Terre souffre de canicule, nous réussissons l’exploit de discuter encore s’il faut ou non faire quelque chose. L’Configurations. Dans l’immense bureau climatisé d’Alger, on discute, on décide… mais sur le terrain, le désert continue d’avaler son lopin de terre quotidien.

Un désert, des promesses

Chaque année, on nous promet un printemps vert. Ah, ces belles résolutions qui ont la profondeur des tweets de célébrités perdues. Comment fait-on pour transformer des milliards de dinars engagés en autant de brins d’herbe éphémères? Certes, les pesticides médiatiques peuvent rendre les feuilles de budget attrayantes, mais on ne trompe pas les cigognes qui ont bien abandonné l’idée d’y construire leur nid.

En attendant, la déforestation se frotte les mains. Qui s’en soucie quand nos rêves d’une Algérie verte s’assoupissent sous la chaleur des discours enflammés? L’uCalors. De Batna à Tlemcen, la nature appelle au secours et les orateurs s’enivrent de mots creux. Après tout, quel est l’intérêt de reboiser un pays quand on peut aligner les chiffres et se réjouir d’une pseudo-avancée sur des diapositives colorées?

Et pendant ce temps…

Dans les pays qui en ont fait une priorité, le reboisement ne se résume pas en séminaires mais en actes concrets. Des milliers d’emplois, une conscience écologique qui ne se perd pas dans les méandres administratifs. Pendant que chez nous, le désert grignote des hectares sous le regard impassible de ceux qui dorment encore à l’ombre des promesses politiques.

Alors n’oublions pas mes chers lecteurs : Monsieur Désert et Monsieur Indifférence sont assis sous notre balcon, trinquant à nos rêves évaporés. Et moi ? Et bien, certains comptent les moutons pour dormir. Moi je compte les scandales. Je ne dors plus.

— Moh Berkane

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