Quand la Révolution Numérique s’enraye en Algérie

Cher lecteur, si vous croyiez encore que l’Algérie allait embrasser la modernité numérique à bras ouverts, je vous invite à reconsidérer votre optimisme béat. En fait, l’actualité récente enfonce un peu plus le clou d’un progrès qui doit d’abord faire face à une administration plus sclérosée qu’un vieux cèdre du Liban.

Internet Haut Débit : Une chimère algérienne

Tout commence avec la promesse des infrastructures internet en Algérie, par nature aussi fantomatiques qu’un oiseau bleu. Le régulateur nous parlait de faire passer l’ADSL à la vitesse de la lumière, au propre comme au figuré. Que nenni ! Nos nuits blanches sont encore hantées par les débits d’un autre temps. Nous sommes en plein dans un épisode de « Retour vers le futur » mais sans la DeLorean.

Il n’y a pas si longtemps, le ministre des Postes et Télécommunications s’extasiait à l’idée de connecter tout un chacun à un internet rapide et fiable. A la place, les Algériens se retrouvent souvent débraillés face à leur modem, scandant des prières silencieuses pour ne pas être coupés pendant un transfert de fichier qui prendre des heures.

La Révolution avortée des Fintech

Coup de théâtre dans le secteur des startups technologiques : le papier rempli contre l’écran tactile. On s’attendait à des mesures incitatives, des initiatives de promotion à gogo, mais le gouvernement a pris l’option « ralenti » qui paralyse plus qu’il ne mobilise. C’est comme essayer de ramer avec une cuillère en bois sur un bateau en carton.

Laissant s’échapper nombre de talents vers le Qatar ou l’Europe, le pays reste englué dans une bureaucratie outrancière dont le sport favori semble être le sudoku du « cerfa » introuvable.

La Mondialisation, une valse à contretemps

A l’heure où même les boyaux du dernier village oublié se tissent à la toile, l’Algérie traîne la patte. C’est la valse d’une mondialisation robotisée que notre pays danse encore avec les chaînes de l’ancien régime. C’est dans cette torpeur que se forge l’archaïsme d’une nation qui pourrait pourtant porter haut l’étendard du numérique en Afrique.

Alors, si vous espériez un changement, une lueur dans l’obscurité numérique, désolé de crever la bulle. La Révolution Numérique a pris une autre direction, et nous ne sommes toujours pas montés dans le train. En attendant, certains continuent d’éplucher les beaux discours, pendant que la réalité s’égrène entre envions et frustrations.

Certains comptent les moutons pour dormir. Moi je compte les scandales. Je ne dors plus.

— Moh Berkane

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